La réponse des universités à la violence sexuelle

S'il existe bel et bien un problème de violence sexuelle sur nos campus, pourquoi la majorité des survivant(e)s décident-ils de ne pas porter plainte auprès de leur institution postsecondaire? C'est en partie parce que les personnes survivantes ne font pas confiance aux mécanismes déjà en place pour répondre à leurs besoins. Un sondage effectué auprès d'étudiants de l'Université McGill révèle que seulement 36% des répondants croient que l'université traiterait leur plainte de façon juste. Cela veut dire que deux personnes sur trois ne pensent pas que leur plainte serait traitée de façon appropriée en cas de violence sexuelle. Et une personne sur tout le campus, c'est trop!


Campus par campus

Malheureusement, les universités québécoises n'ont pas démontré qu'elles prenaient les plaintes de violence sexuelle au sérieux dans le passé. On ne peut blâmer les survivant(e)s qui ne font pas confiance à leur institution quand on entend parler de ces histoires d'horreur.

  • À l'UQAM, des étudiants ont dénoncé l'inaction de l'université face à des menaces de viol proférées à l'endroit d'une étudiante dans une conversation sur Facebook. Une membre de la direction aurait expliqué que celui qui avait proféré la menace n'était qu'un "pauv'garçon amoureux."
  • À l'École de Technologie Supérieure, la direction a mis 6 mois à déclencher une enquête sur un cas d'agression sexuelle qui a eu lieu lors d'un party d'initiation.
  • À l'Université McGill, une survivante de viol a demandé à l'université de changer de section parce que son agresseur était parmi ses collègues de classe. L'université n'a jamais fait suite à sa demande.
 

Pourquoi ne pas aller voir la police?

Voilà une question qu'on entend souvent lorsqu'on parle de violence sexuelle sur les campus. Pourquoi ne pas tout simplement aller voir la police si on est victime d'une agression à caractère sexuel?

D'abord, parce que le système judiciaire demande du temps, de l'argent, et de l'énergie. Ce n'est pas tout le monde qui veut ou qui peut débuter un long processus judiciaire, surtout quand on sait qu'une infime proportion des agresseurs sont reconnus coupables au terme du processus. Il est également possible que le ou la survivant(e) ne veule pas qu'il y ait de conséquences criminelles pour son agresseur. 

Ensuite, parce que les institutions d'enseignement postsecondaires ont le pouvoir d'influencer l'expérience académique et le bien-être des survivant(e)s en prenant certaines mesures qui ne relèvent pas de la police ou du système judiciaire. Par exemple, l'université a le pouvoir de changer l'agresseur ou le ou la survivant(e) de cours, de résidence, de laboratoire, etc. Ces accommodements peuvent faire une grosse différence auprès des survivant(e)s, mais il en revient à la direction de les mettre en place.