La violence sexuelle sur nos campus québécois

Tel que le suggérait le Devoir au printemps 2016, les résultats de l'étude ESSIMU sur la prévalence de violences sexuelles sur les campus québécois indiquent qu'un répondant sur trois aurait été la victime de violence sexuelle depuis sont arrivée à l'université au Québec. Ces données proviennent d'un projet de recherche sur lequel ont travaillé plusieurs chercheuses de l'UQAM, et qui a recensé près de 9000 membres de la communauté universitaire sur 6 campus:  l’Université du Québec à Montréal, l’Université de Montréal, l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke, l’Université du Québec à Chicoutimi et l’Université du Québec en Outaouais.


Campus par campus

Un regard sur la situation sur nos divers campus québécois.

  • À l'Université McGill, un sondage sur les violences sexuelles effectué en 2015 révèle que 30% des répondants (tous des étudiant(e)s) ont été victimes d'attouchements de nature sexuelle sans consentement dans le passé.
  • À ce jour, aucune autre université n'a effectué sa propre enquête sur la prévalence de la violence sexuelle parmi ses étudiant(e)s. Un projet de loi pourrait forcer les institutions postsecondaires à recenser les cas de violences sexuelles, une information essentielle afin de s'assurer que les administrateurs connaissent bien l'ampleur du problème et soient en mesure d'y répondre de façon appropriée.

Un problème sous-reporté

En 2015, une enquête de la CBC rapportait que les universités canadiennes avaient compté 700 plaintes en lien avec des agressions à caractère sexuel entre 2009 et 2013. Une dizaine d'universités ne recensaient aucune plainte, dont l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Des experts se sont immédiatement manifestés pour expliquer que ces chiffres étaient beaucoup trop bas pour représenter la réalité. Comme le suggère la sociologue Sandrine Ricci à l'issue de l'étude ESSIMU, ces chiffres jugés trop bas indiquent non pas que peu d'agressions prennent place, mais que les survivant(e)s ne se confient pas à leur université.

Les canaux institutionnels qu’on nous invite à investir pour porter plainte ne fonctionnent pas, les gens n’y vont pas.
— Sandrine Ricci, Sociologue à l'UQAM

Aux États-Unis, où il existe davantage de données à cet effet, on explique effectivement que la violence sexuelle est souvent sous-reportée auprès des universités parce que les survivant(e)s ne se sentent pas à l'aise de se confier aux administrateurs.

Découvrez pourquoi les survivant(e)s d'agressions à caractère sexuel ne font pas de plaintes auprès de leur institution


Pourquoi le terme survivant(e)?

Parce que le terme "victime" réduit la personne qui a vécu de la violence sexuelle à cette expérience et met l'emphase sur sa perte de pouvoir et d'identité. Le terme "survivant(e)" est généralement reconnu comme étant plus approprié, puisqu'il redonne du pouvoir à ces personnes en mettant l'emphase sur leur force et leur cheminement. Cela étant dit, nous reconnaissons que ce ne sont pas toutes les personnes qui ont vécu de la violence sexuelle qui s'identifient comme "survivant(e)".